CARAIBES 

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  • JAMAIQUE

    Cette grande île au sud de Cuba est réputée pour l’originalité de ses rhums, appréciés depuis la fn du 17ème siècle. Car la Jamaïque est un des rares pays producteurs à avoir conservé la distillation en alambics à repasse, ce qui donne des rhums riches en éléments non-alcool, particulièrement puissants et aromatiques. De quoi se constituer pendant longtemps une clientèle d’amateurs, principalement au Royaume-Uni. Mais le rhum jamaïcain reste étroitement indépendant de la production de sucre, qui varie elle-même beaucoup en fonction des cours mondiaux. A plusieurs reprises, les autorités britanniques, puis le gou- vernement (l’île est indépendante depuis 1962) doivent soutenir les producteurs, en organisant la production de mélasse et en poussant les distillateurs à s’organiser pour harmoniser leurs ventes en direction des grands acheteurs mondiaux. On trouve en Jamaïque une vaste gamme de rhums, des plus légers aux plus denses, certains servant même à l’élaboration du rhum allemand, le “rumverschmitt”... qui ne contient que 5% de rhum d’origine, le reste étant de l’alcool neutre !  Des quelques distilleries encore existantes (contre plus d’une centaine il y a un siècle), Appleton est la plus évoluée, fournissant des rhums de grande réputation, notamment le 151 proof (75,5°). Hampden, Long Pond, New Yarmouth ou Worthy Park sont surtout vendues localement, et sinon servent à des assemblages de marques internationales, comme Captain Morgan, une des plus vendues dans le monde.

  • REPUBLIQUE DOMINICAINE

    république dominicaine

    Partageant la grande île d’Hispaniola avec Haïti, la république de Saint-Domingue a pourtant connu une évolution radicalement différente. C’est ici que furent développées les premières plantations de canne à sucre après les voyages de Christophe Colomb, et l’industrie sucrière a longtemps constitué une activité majeure.

    Bien que longtemps espagnole, Saint-Domingue a été de longue date “satellisée” par les Etats-Unis, qui s’intéressaient davantage  au sucre qu’au rhum. Toutefois, à la fn du 19ème siècle, des émigrants d’origine cubaine ou espagnole ont implanté des distilleries dont trois sont toujours en activité : Bermudez, Brugal et Barceló. Ils ont développé un style proche de celui des  rhums cubains : légers, élégants, distillés en alambic à colonne et connaissant un réel vieillissement dans des fûts de chêne américain. Longtemps réservés au seul marché local, les rhums dominicains, de façon similaire à l’évolution des cigares, se sont développés à l’exportation, profitant de la carence cubaine. Il leur manque peut-être encore le soutien d’un vrai réseau international pour être mieux appréciés.

  • SAINTE LUCIE

     sainte-lucie

    La place conquise, dans l’univers du rhum, par Sainte-Lucie, île paradisiaque juste au sud de la Martinique, est originale à plus d’un titre. Le rhum n’y est pas le fruit d’une très longue tradition, comme on pourrait le croire, la canne à sucre n’y étant arrivée qu’au cours du 19 ème siècle. Si on a compté de nombreuses distilleries dans l’île, la baisse des cours du sucre après la seconde guerre mondiale a entraîné la réduction de leur nombre à trois, qui ont fini par fusionner à la fn du 20ème siècle. Pour se faire une place à part, la survivante, Saint-Lucia Distillers, mise avant tout sur la qualité et la diversité, en utilisant aussi bien un alambic en continu que des alambics à repasse (issus du Kentucky et d’Ecosse). Par ailleurs, trois souches de levures différentes sont utilisées pour la fermentation. De quoi donner des eaux-de-vie très variées, et qui sont parfois mariées entre elles avant l’embouteillage.. Outre une vingtaine de variétés épicées ou aromati- sées, ou encore de crèmes, Saint-Lucia Distillers produit en effet des marques réputées comme Bounty (surtout localement), Admiral Rodney, et les très complexes Chairman’s Reserve et Toz. Saint-Lucia Distillers est aujourd’hui l’une des distilleries les plus inventives de Caraïbes.